
Prise de poids pendant la grossesse : arrêter de culpabiliser, comprendre les repères et agir sans régime
Au sommaire de cet article
La prise de poids pendant la grossesse est l’un des sujets les plus anxiogènes pour les femmes enceintes. Combien de kilos “devrais-je” prendre ? Est-ce trop ? Pas assez ? Est-ce dangereux pour mon bébé ? Derrière ces questions, il y a souvent de la culpabilité, de la comparaison et une pression silencieuse à “bien faire”.
Et si on changeait complètement de perspective ?
Plutôt que de juger la prise de poids en “trop” ou “pas assez”, cet article propose un guide clair, rassurant et concret : comprendre les repères médicaux, identifier les vrais signaux d’alerte, et agir de façon réaliste — sans régime, sans contrôle excessif, sans injonctions.
Car une chose est sûre : la grossesse n’est ni un concours, ni un test de volonté. C’est un processus physiologique complexe, unique pour chaque femme.
Prise de poids pendant la grossesse : pourquoi il n’existe pas un seul “bon chiffre”
La prise de poids pendant la grossesse ne dépend pas uniquement de ce que vous mangez. Elle est influencée par de nombreux facteurs :
- le poids et l’IMC avant la grossesse,
- les hormones (qui modifient l’appétit et le stockage),
- la rétention d’eau,
- le volume sanguin (qui augmente fortement),
- la croissance du bébé, du placenta et du liquide amniotique,
- le niveau d’activité physique et la fatigue.
Autrement dit : deux femmes avec la même alimentation peuvent prendre des poids très différents, sans que cela soit problématique.
Les repères médicaux : IMC de départ et fourchettes de prise de poids
Les professionnels de santé s’appuient sur l’IMC (Indice de Masse Corporelle) avant la grossesse pour proposer des repères. Il ne s’agit pas d’objectifs stricts, mais de fourchettes indicatives.
- IMC < 18,5 (maigreur) : environ 12,5 à 18 kg
- IMC entre 18,5 et 24,9 (corpulence “normale”) : environ 11 à 16 kg
- IMC entre 25 et 29,9 (surpoids) : environ 7 à 11 kg
- IMC ≥ 30 (obésité) : environ 5 à 9 kg
Ces chiffres sont des repères statistiques, pas des règles absolues. Certaines femmes seront en dehors de ces plages et auront pourtant une grossesse parfaitement saine.
De plus, la prise de poids n’est pas linéaire :
- souvent faible au premier trimestre,
- plus marquée au deuxième,
- variable au troisième (rétention d’eau, ralentissement de l’activité, fatigue).
Pourquoi la culpabilisation est contre-productive
Se focaliser excessivement sur le chiffre de la balance peut avoir des effets négatifs :
- augmentation du stress et de l’anxiété,
- restrictions alimentaires inadaptées,
- relation conflictuelle avec la nourriture,
- perte de confiance dans son corps.
Or, le stress chronique peut lui-même influencer l’appétit, le sommeil et le métabolisme. La culpabilité n’aide ni la mère, ni le bébé.
Le vrai enjeu n’est pas “combien de kilos”, mais comment le corps fonctionne et comment la femme se sent.
Les erreurs fréquentes autour de la prise de poids grossesse
1. Se peser trop souvent
Se peser tous les jours (ou plusieurs fois par semaine) amplifie les variations normales liées à l’eau, au transit ou aux hormones. Une prise de poids rapide sur quelques jours n’est pas forcément significative.
2. “Manger pour deux”
Les besoins énergétiques augmentent légèrement, surtout au deuxième et troisième trimestre, mais il ne s’agit pas de doubler les quantités. La qualité compte plus que la quantité.
3. Se restreindre “pour compenser”
Les régimes ou restrictions pendant la grossesse peuvent entraîner fatigue, carences, fringales et culpabilité. Ils sont rarement efficaces et souvent contre-productifs.
Agir sans régime : des ajustements simples et efficaces
Il est possible d’agir sur son bien-être et sa santé sans entrer dans une logique de contrôle. Voici des leviers concrets et réalistes.
Améliorer la qualité des repas
Sans compter les calories, privilégier :
- des protéines à chaque repas (œufs, poisson, viande, légumineuses),
- des fibres (légumes, fruits, céréales complètes) pour la satiété,
- des bons gras (huile d’olive, colza, noix, poissons gras).
Boire suffisamment
Une hydratation insuffisante peut accentuer la fatigue, les fringales et la rétention d’eau. Boire régulièrement tout au long de la journée aide le corps à mieux réguler.
Soigner le sommeil
Le manque de sommeil perturbe les hormones de l’appétit et favorise les envies sucrées. Même si le sommeil est parfois difficile, viser des temps de repos réguliers est bénéfique.
Bouger de façon adaptée
La marche, la natation ou le yoga prénatal :
- améliorent la circulation,
- réduisent le stress,
- aident à mieux gérer la prise de poids,
- préparent le corps à l’accouchement.
L’objectif n’est pas la performance, mais la régularité et le plaisir.
Quand faut-il consulter ou en parler à un professionnel ?
Certaines situations méritent un avis médical :
- prise de poids très rapide et brutale,
- œdèmes importants et soudains,
- perte de poids involontaire,
- fatigue extrême ou malaise,
- suspicion de diabète gestationnel.
Dans ces cas, il est important de consulter une sage-femme ou un médecin, non pas pour être jugée, mais pour comprendre ce qui se passe et être accompagnée.
Faire confiance à son corps, avec des repères, pas des injonctions
La prise de poids pendant la grossesse n’est pas un échec à éviter ni une performance à réussir. C’est un processus vivant, influencé par de nombreux facteurs, souvent hors de contrôle.
Plutôt que de se battre contre son corps, il est plus utile de :
- comprendre les repères sans s’y enfermer,
- observer les signaux plutôt que les chiffres,
- agir avec bienveillance et pragmatisme.
Une grossesse sereine ne se mesure pas en kilos, mais en équilibre, écoute et accompagnement.


